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 Une population Adolescente

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El Guelmi
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Nombre de messages : 218
Date d'inscription : 08/02/2007

MessageSujet: Une population Adolescente   Ven 20 Avr - 0:35

La notion d'adolescent est une construction récente. La société a longtemps vécu sans se représenter l'enfant ou le jeune. Nous savons que l'enfant, à peine physiquement débrouillé, était autrefois mêlé à la vie des adultes et partageait leurs activités. A travers l'étude de Philippe Ariès, nous constatons ; "La famille ancienne avait pour mission très ressentie la conservation des biens, la pratique commune d'un métier, l'entraide quotidienne, la protection de l'honneur et des vies. Elle n'avait pas de fonction affective, le sentiment entre les époux et entre les parents et les enfants n'était pas nécessaire à l'existence ni à l'équilibre de la famille : tant mieux s'il venait de surcroît."



La crise d'adolescence : une crise d'insertion dans le monde des adultes

Pourquoi les adolescents constituent-ils des sous-groupes, des bandes ? S'agit-il d'une micro-société produisant ses propres valeurs, ses systèmes de références, ses langages ? Doit-on parler d'une sous-culture adolescente qui valoriserait les comportements antisociaux et la marginalisation pour se différencier des adultes ? Quelle serait alors la fonction de la drogue pour tous ces jeunes ?

Pour trouver des éléments de réponse à ces interrogations, il faut, dans un premier temps, redéfinir la notion d'adolescence. La différenciation entre l'enfant et l'adolescent se fait tout d'abord en tenant compte des bases physiologiques qui permettent de repérer la puberté. Ces signes de développement pubertaire (imprégnations oestrogéniques, croissance, apparition des seins et des menstruations chez la fille; croissance, pilosité, acné, première éjaculation chez le garçon) et leurs corollaires psychologiques permettent de distinguer deux phases institutives de l'adolescence : une première phase de maturation biologique, une seconde phase de maturation psychologique.



Piaget a mis en évidence la transformation de la pensée chez l'enfant, qui passe par le stade de la pensée concrète (7-12 ans) et par celui de la pensée formelle.

Les progrès de la logique chez l'adolescent permettent son insertion dans la société adulte. L'accès aux valeurs morales abstraites place l'adolescent devant ses responsabilités. " La découverte de la psychanalyse par S. Freud éclaire ce processus de maturation qui succède à la phase de latence. "Après S. Freud, chacun reconnaîtra l'importance de la puberté, le rôle joué par l'accession à la sexualité, et par là même le regroupement des pulsions partielles sous le primat de la pulsion génitale."

Selon Anna Freud et Erikson, la puberté serait la dernière chance de résoudre le conflit oedipien. Durant cette période de sa vie, l'adolescent affronte ses parents et se trouve dans la quasi-obligation de les rejeter pour pouvoir grandir et accéder à une certaine autonomie. Le docteur Branconnier et D. Marcelli précisent dans leur ouvrage : "La réaction des conflits oedipiens fait rejaillir le risque d'un inceste qui, cette fois, pourrait être réalisable." C'est l'âge où le futur adulte va devoir assumer l'angoisse de castration, ce qui signifie : assumer la différence, le manque, l'incomplétude. La résolution du complexe d'Oedipe passe par l'abandon de l'imago parental, en tant qu'objet libidinal; le sujet " introjecte " les interdits parentaux.

En faisant référence aux travaux de Philippe Ariès, il nous a paru intéressant d'observer que les échanges affectifs et les communications sociales étaient assurés en dehors de la famille par un milieu très dense et très chaud, composé de voisins, d'amis, d'enfants et de vieillards, de maîtres et de serviteurs, de femmes et d'hommes, où l'inclination jouait sans trop de contrainte. Les familles conjugales y étaient diluées. Les historiens français appellent "sociabilité" cette propension des communautés traditionnelles aux rencontres, aux fréquentations, aux fêtes. Lorsque l'enfant était en âge de travailler, il rejoignait le monde des adultes en devenant un homme, sans passer par les étapes de la maturation que représente l'adolescence. Rappelons que l'entrée dans le monde du travail se faisait à l'âge de 8 ans et que les notions de pré-adolescence et d'adolescence (qui sont des constructions sociologiques récentes) n'existaient pas.

En France, entre 1830 et 1855, un ouvrier sur huit était un enfant. Il faudra attendre 1936 pour que l'âge d'entrée dans la vie active et professionnelle soit fixé à 14 ans. Aujourd'hui, cet âge a été repoussé à 16 ans. L'entrée dans le monde adulte est de plus en plus tardive. L'accès à la vie professionnelle est médiatisée par de longues périodes de formation, retardant parfois la stabilisation des individus.

La psychologie de l'enfant va se développer dès le début du XXème siècle, transformant du même coup l'élevage des tout-petits, l'éducation, la pédagogie. La famille va redonner une place privilégiée à l'enfant, lui accorder de l'affection, veiller à son épanouissement et à ses loisirs, mais elle va également retarder son entrée dans la vie. Parallèlement à cette évolution, la jeunesse va s'affirmer en s'opposant aux valeurs des adultes. L'adolescence est une période intermédiaire qui s'étale sur plusieurs années. Cependant, dans la vie quotidienne, le passage de l'enfant à l'adulte se fait progressivement dans un continuum. La notion d'adolescence opère dans ce continuum une série de coupures qui relèvent d'un arbitraire social. En désignant socialement les différentes étapes de construction de l'adulte, on introduit des segmentations artificielles et des ruptures qui participent à leur tour à la construction des problèmes sociaux, celui des jeunes en particulier. En ce sens la "guerre des générations" est liée à l'évolution de la société industrielle. Nous retiendrons de cette approche psychanalytique de l'adolescence, qu'il existe une crise normale de l'adolescence, dont la résolution est toujours partielle.

Les psychanalystes, Anna Freud, Blos, Kestemberg, Erikson, Cordeiro, ont décrit la phase normale de la crise d'adolescence, qui débouche sur "le choix d'objet hétérosexuel", en opposition à la crise d'adolescence pathologique. La réorganisation totale de la personnalité de l'adolescent implique un travail de deuil douloureux, "travail" qui ne peut se faire sans engendrer une perturbation des relations que le sujet entretient avec le monde extérieur.

Une dépression ou morosité peut accompagner cette profonde mutation intérieure. Si, par ailleurs, surviennent à ce moment certains traumatismes liés à la vie familiale ou sociale, la crise d'adolescence peut engendrer des problèmes psychologiques. Pour des raisons intra-psychiques, la crise d'adolescence peut favoriser l'émergence de divers symptômes réactionnels : troubles du comportement ou encore troubles psychosomatiques. Engagé dans une lutte qui oppose une réalité extérieure à la réalité subjective du monde intérieur, l'adolescent va régresser.

Dans certains cas, ces symptômes phénoménologiques seront l'expression d'une névrose (névrose d'échec, névrose d'inhibition) ou, ce qui est plus grave, d'une dissociation psychotique. Par ailleurs, les adolescents de notre société moderne ont d'autant plus de mal à trouver "leur identité" que plusieurs modèles d'identifications contradictoires leurs sont offerts (transformation des rôles masculins et féminins, libération de la femme, transformation de l'image de la famille ...). On pourrait dire qu'aux problèmes personnels des adolescents s'ajoutent d'autres difficultés générées par les changements culturels de notre société. Retenons que l'état "morose" est un syndrome qui se caractérise par un refus d'investir le monde. L'adolescent, confronté aux frustrations du monde réel, ne parvient pas à supporter la vie quotidienne.
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