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 SOCIOLOGIE DU RISQUE

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El Guelmi
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Nombre de messages : 218
Date d'inscription : 08/02/2007

MessageSujet: SOCIOLOGIE DU RISQUE   Lun 2 Mai - 1:49



SOCIOLOGIE DU RISQUE

La signification des activités engagées par les acteurs dans leur vie personnelle ou professionnelle, dans les loisirs, pour aller à la rencontre du risque ou s'en protéger.

Dans l'affrontement physique au monde l'individu recherche ses marques, les limites de la loi. La recherche de l'image du père symbolique, identifié à la loi, se trouve au centre de la plupart des conduites à risques.

Le cadre réel de la vie échappe le plus souvent ; le contenir semble un effort insurmontable, d'où cette quête d'un refuge absolu, presque virtuel.

Avant de vivre, s'impose la nécessité anthropologique de comprendre pourquoi l'on vit, de donner une valeur à sa présence au monde.

Les prises de risque soulèvent des questions brûlantes, elles imposent l'urgence de leur compréhension, car si elles sont souvent un plaisir, une recherche de sensations, elles traduisent souvent une souffrance, un mal de vivre chez les jeunes générations qui recherche à travers elles une légitimité à exister.

Le risque apparaît comme un affrontement désiré aux limites, comme un apprentissage de la " capacité à faire face ". La prise de risque sollicite aussi la question de l'estime de soi, de la réputation personnelle. Le risque est également une mesure de sa responsabilité envers les autres. La relation entre la prise effective de risque et la sensation subjective du risque encouru.

On peut considérer comme conduite à risque tout comportement impliquant un danger vital ; il faut pourtant faire la démarcation avec certaines professions ou activités sportives considérer à fort potentiel de risque, situations qui s’inscrivent dans les normes socioculturelles.

Pour certaines conduites de risque la parallèle avec les conduites addictives paraît évidente : concordance entre plaisir recherché et le besoin, l’impéritie, la répétition de la conduite et de la mise en condition, la réalisation d’un acte malgré la réprobation sociale, apparition et augmentation de la tolérance qui entraîne l’accentuation des risques.

La notion de risque apparaît comme une variable psychologique majeure, facteur déterminants des comportements ; l’acceptation, l’évitement ou la recherche du risque conduit à des typologies différentes pouvant aller de l’audace extrême – jugée parfois comme inconscience ou héroïsme inutile – jusqu’à la prudence la plus grande.

Le risque pose d’une manière évidente la question du rapport à la mort, la mise en acte de son impulsivité mais aussi la recherche de sensations nouvelles et fortes. Zuckerman, a développé le concept de " niveau optimum de stimulation " et a ainsi crée l’échelle Sensation Seeker Scale – qui représente un descriptif psychocomportemental de la recherche des sensations. Les composantes de cette échelle – désinhibition, recherche de danger et d’aventure, besoin d’expériences nouvelles, intolérance à l’ennui – permettent de mettre en évidence la proximité de la recherche de sensation et des conduites à risques. Chez les personnes présentant des conduites addictives – comportements de consommation des substances psychoactives (drogues, médicaments, alcool), joueurs pathologiques – on retrouve souvent les mêmes critères de la recherche des sensations susceptibles à favoriser l’adoption des comportements de dépendance.

L’identification au héros, fait partie des mythes ancestraux ; les jeunes ont toujours rêvé de ressembler à ces " pères virtuels ", munis de toutes les qualités de courage, choisis comme modèles de vie. Les jeunes, mais aussi les moins jeunes, ont tendance à copier leurs modèles - habitudes alimentaires, vestimentaires, mais surtout mode de vie. Vivre comme l’idole amène parfois à la perte des instincts de conservations. Un seul exemple peut suffire : l’impact social du suicide d’une personnalité du show-bizz ou politique est tel, qu’une augmentation significative du nombre de passage à l’acte est multipliée par trois ou quatre.

La nécessité de vivre en situation de risque, apparaît comme une composante indéniable des sociétés modernes, qui paradoxalement, a fait du discours sécuritaire et protecteur un leitmotiv promotionnel. L’éloge littéraire ou cinématographique des héros modernes, la roulette russe – symbole de l’honneur et de la virilité des officiers de l’armée impériale tsariste, les escrimeurs étudiants allemands du début du siècle – qui rechercherait les balafres comme signes de la combativité et de l’honneur – sont de nature à sacraliser ces conduites de prise de risque. Dans un film récent, Crash, les personnages cherchent à heurter les véhicules qui viennent du sens opposé, dans une recherche des sensations orgasmiques. Le stigmate de la blessure et de la balafre, trace physique mais aussi mnésique, prend la dimension d’un symbole initiatique. La répétition de cette initiation, à travers des multiples blessures et cicatrices, renforce l’ego des participants. La douleur physique et morale causée par les accidents, la détresse des familles qui sont entraînées passivement dans ces catastrophes perdent toute dimension réelle. On vit dans un monde à soi, crée par des initiés, qui l’habitent selon des normes très rigoureuses, entourées de mystère.

Le phénomène de surstimulation ambientale a des conséquences psychiques, avec l'apparition des comportements de défense ou le renforcement des troubles du comportements préexistantes. L'adaptabilité aux nouveaux facteurs de stress est mise en jeu.

La crise confusionnelle qui accompagne ces changements - l'usage démesuré des drogues, l'augmentation du mysticisme et le refuge dans les différents mouvements culturelles et sectaires, les explosions de violence - reflète d'une manière assez fidèle la détérioration des processus décisionnelles de l'individu dans les conditions d'une surcharge ambientale.

Les multiples sollicitations ambientales demande la recherche des solutions, variées, adaptées. Certaines personnes, ayant un terrain psychopathologiques prédisposant, vont faire recours à une seule et unique solution - la drogue et le refuge apparent et temporaire que celle-ci peut fournir. Ces personnes vont utiliser des tas de produits psychoactives qui auront l'avantage de remplacer la somme de leurs problèmes existentielles et d'adaptabilité avec un seul problème unique, la consommation et l'addiction aux drogues. Cette consommation leurs simplifient l'existence d'une manière radicale, mais temporaire. Pour eux, les autres problèmes deviennent sans signification en comparaison avec l'abus de drogue.

Un livre récent " La fin du travail ", par Jeremy RIFKIN, met en cause la notion même de loisir. Pour l’auteur, la société du futur se verra confronter à plusieurs phénomènes négatifs liés à la pérennité du travail, aux différents facteurs sociaux. Le chômage ira croissant, le boom du troisième âge et la déstructuration profonde de la société, créeront les prémices d’une société qui aura besoin de loisirs, pas comme passe temps et comme moyen récréatif, mais surtout comme manière de calmer des esprits trop enclins à la violence. La population urbaine risque de se trouver face aux nouvelles conditions de vie liées au chômage, à la baisse régulière et constante de revenus. La question que RIFKIN se pose, est celle de la nécessité d’augmenter les loisirs et les passe temps d’un prolétariat grandissant. Les voyages virtuels (voire " Total Recall ", où le héros incarné par Schwarzenegger fait un voyage intergalactique grâce aux techniques de la suggestion et de l’autosuggestion et à l’aide des substances psychoactives), les jeux de rôle et surtout les acquisitions des Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication (lunettes en 3D, combinaisons et gants ultrasensoriels), ouvre la porte vers l’imaginaire. Les drogues psychédéliques font partie de la panoplie qui accompagne ces loisirs. Il me semble pertinent de poser une question : pourquoi de plus en plus d’organismes de formation professionnelle ou des associations qui enseignent les techniques du bien-être et de la découverte de soi, sont investis par les sectes ? La réponse est donnée par l’existence d’une association comme le " Patriarche ", association d’aide et soutien aux toxicomanes. On le sait de plus en plus que les techniques employées par les gourous du Patriarche n’ont rien à envier aux techniques du lavage de cerveau et des manipulations mentales utilisées par les autres sectes. Le monde en perte d’idéal et de repères serait-il la proie des sectes ?

Dans le cas des toxicomanes, le " shoot " prend la dimension du contact physique entre l’aiguille et la peau. Transpercer la couche dermique - protection et enveloppe - chercher et transpercer la veine afin d’injecter le produit tient d’un rituel précis. Il n’y a pas de douleur, pas de sensation de danger. La trace du " shoot ", les cicatrices, les phlébites, constituent les signes de l’implication physique de l’organisme. La notion de recherche de sensation et de prise de risque s’exprime à travers le partage de seringues souillées, sans précaution de désinfection. Le groupe fait tourner la seringues comme dans le rituel des officiers tsaristes qui faisait tourner le revolver chargé. Les rapports sexuels à risque sans protection, dans l’ignorance de l’état sérologique des partenaires, est une composante dans la recherche de sensation, dans le désir de vivre des émotions fortes. De plus en plus les mass-média font état du nombre grandissant des jeunes conducteurs qui roulent sous l’emprise des substances psychoactives – alcool, cannabis ou ecstasy après des soirées " rave ". La transgression se complète avec notion de prise de risque et recherche du niveau optimal de stimulation. Le besoin de stimulation, phénomène de société s’exprime à travers les nouvelles " béquilles chimiques ", molécules du bien-être dans le cas du ProzacÒ , molécules de la performance sexuelles – ViagraÒ .

L’usage des drogues " socialisantes ", avec des action amphétamines-like, comme le 2 CB, le GHB, témoignent d’une défaillance au niveau de la communication, d’un isolement ressentie de plus en plus par les citoyens lambda. L’apparition d’une addiction communicationnelle à travers les groupes de dialogues existantes sur Internet – Internet Relay Chat - IRC – met en évidence le besoin de communiquer à tout prix, de quitter son isolement, d’abandon de la " tour d’ivoire ". Le glissement vers des nouveaux mondes, virtuels, dénoués de toute contrainte d’apparence physique, mondes lisses, facile à vivre, attire les déçus de la vie réelle – à travers les IRC ou à travers les jeux de rôle en réseaux, jeux qui nous plongent dans le cyberespace.

Chez les toxicomanes, les phénomènes de dépendance et d’appétence à la drogue sont souvent plus importants que la recherche des expériences périlleuse. Tout au début de sa consommation de la drogue, le toxicomane est très prudent vis-à-vis de sa sécurité – il ne pratique pas l’échange des seringues utilisées, il prend soin de désinfecter la peau et surtout veille à la qualité et la pureté des produits consommés. Dans les étapes avancées de la toxicomanie, la personne veille moins à sa sécurité, ce qui l’importe c’est la rapidité de l’atténuation de son état de manque. Les mesures élémentaires d’hygiène sont vite oubliées, les précautions vis-à-vis de la qualité du produit passe au second plan. A cette étape de la toxicomanie, le rite du " shoot " perd sa valeur symbolique, la notion protectrice du groupe perd sa valeur ; la toxicomanie solitaire que vit le sujet expose davantage aux risques d’overdoses et de contamination virale et bactérienne.

La notion de désir de mort et de tentative de suicide par l’intermède de la drogue a fait couler beaucoup d’encre. Croire que le toxicomane cherche à travers sa prise de risque de se donner la mort, me semble faux. On doit prendre en compte la symbolique du " shoot ", avec ses risques bien connus, intégrés par la population toxicomane. C’est surtout le désir de frôler la mort, de plonger dans le tunnel chaud - froid, lumineux – obscur, décrit par Raymond Moody dans " Life after life ". Cette " expérience interdite - flatline ", rend les toxicomanes égaux des dieux. Il n’est pas anodin le fait que les drogues de synthèse en vogue aux USA depuis quelques mois portent le nom de flatlinners. La possibilité de pouvoir ressortir, renaître d’une telle expérience, n’est pas réservée au commun des mortels. C’est bien là le renforcement positif de leurs comportements.

Le terme de conduite ordalique (M. Valleur, A. Charles-Nicholas), renvoie au jugement suprême, divin qui déclarait " innocent ou coupable l’individu soupçonné de sorcellerie selon qu’il survivait ou mourait, qu’il flottait, qu’il était ou non brûlé par le fer rouge ". C’est la recherche d’un jugement final par une puissance suprême, surnaturelle, qui rend la décision de mort ou de vie. Etre l’élu de Dieu, confère au toxicomane qui subi l’épreuve, une force et une motivation de la répétition, la renaissance étant règle après chaque prise de produit.

L’imaginaire populaire veut que les toxicomanes soit des suicidants, dominés par la seule envie d’autodestruction. Pourtant, le concept d’ordalie redonne une autre dimension à ces " conduites de suicides embryonnaires " déjà décrites par Durkheim, les prises de risques étant plutôt des réflexes de défense contre les pulsions autodestructrices. Cette prise de risque consciente, remet en cause le sens final de l’existence, la légitimité de vivre ou de survivre.

Influence du groupe
La dynamique des groupes aurait un effet de surenchère des positions personnelles à cause de la valorisation du risque et par l'effet d'initiation et d'appartenance au groupe initiatique. La dilution des responsabilités, l'impression de sécurité que le groupe confère, la dissolution du Surmoi, pousse l'individu à des actes qu'il n'aurait jamais osé accomplir seul.

Suicide
Le risque encouru est celui de la mort ou d'une atteinte à l'intégrité personnelle. L'alcoolisme, la toxicomanie, la pratique des activités sportives " extrêmes ", sans précautions à l’entraînement adéquat, la négligence des mesures de protection lors des relations sexuelles, ce sont là des exemples parmi d'autres de conduites répétitives mettant en jeu l'existence.

Le suicidant est en pleine crise personnelle, ne supporte plus le poids de son mal de vivre. Ces comportements surgissent parfois de manière sporadique en réaction à un événement particulièrement frustrant; ces comportements permettent de reprendre le contrôle émotionnel d'une situation.

Le cas particulier des "sortes de suicides embryonnaires" selon DURKHEIM - les personnes conscientes que leurs modes de vie les exposent aux plus grands risques, mais qui avouent être incapable de changer leurs modes d'existence.

La crise de la jeunesse
L’étude de l'INSERM de 1994, montre que 70,5% des jeunes sont plutôt bien dans leurs familles. Sur 814.000 jeunes ayant quitté le système éducatif français en 1993, 88.300 restent sans qualifications.

L'adolescence représente l'éloignement du monde protégé de l'environnement familial, scolaire. Le passage entre ces deux mondes est un moment de perte d'une part et de reconstruction d'autre part des valeurs et des sens. La relation à l'autre est modifiée, du fait de la transformation sexuelle et identitaire.
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