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 FAMILLES ET TOXICOMANIES

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AuteurMessage
El Guelmi
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Nombre de messages : 218
Date d'inscription : 08/02/2007

MessageSujet: FAMILLES ET TOXICOMANIES   Lun 2 Mai - 1:46


FAMILLES ET TOXICOMANIES


La remise en cause culpabilisante
Le passage à l'acte, transgression de l'interdit, a souvent valeur d'affirmation de soi et conforte le sentiment d'identité de l'adolescent
On analyse plusieurs types de relations au niveau de la cellule familiale : intergénérationnelle et transgénérationnelle :

Inter-générationnel
On constate souvent l'intervention éducative des grands-parents, surtout les grands-mères maternelles ; cette action arrive parfois à la déstabilisation des relations parents/enfants.

Deux types de familles sont décrite:
La famille jeune – " conflictuelle ", marquée par des conflits et ruptures.
La familles âgée – " dépressive ", marquée par les deuils, la maladie.

Transgénérationnel
Entre le rejet de la part des membres de la familles et une acceptation synonyme parfois de culpabilité, la palette des réactions est très diverses. Entre les membres de la fratrie, la question qu'on peut se poser est la raison de celui ou de ceux qui sont devenus toxicomanes par rapport aux autres.

La multitude des transgressions répétitives d'une génération à l'autre fait partie du tableau " pathologique " de ces familles. La non-intégration de la loi parentale et la transgression constante des lois au niveau familial, mais aussi l'admiration de la part de certains membres de la familles pour les conduites déviantes, renforce le comportement des jeunes toxicomanes.

La plupart des familles prêtent une attention majeure au symptôme " toxicomanie " pour fonder une demande d'aide. Dans la plupart des cas, l'analyse du contexte familial permet de mettre en évidence des pathologies diverses.

Deux cas de figure se démarquent :

a.)
La minimisation, voire la banalisation de l'intoxication : des parents qui ne prête pas attention à l'état physique et psychique, qui considèrent les symptômes comme signes d'un état dépressif. En fait, ces parents ont " peur " d'affronter la problématique de la toxicomanie - et pas que celle-ci avec leurs enfants.
La cécité familiale face aux symptômes fait appel à des mécanismes de déni.
Souvent les familles sont incapables de saisir la réelle dimension du signal d'alarme que représente les passages à l'acte de leur enfant.
Il s’agit souvent des familles qui ont recours aux différentes substances psychoactives dans les situations de stress quotidien (l’exemple de l’armoire à médicaments, de la bouteille du bar souvent bien rempli).

b.)
La dramatisation de la toxicomanie, avec un rejet qui ne laisse plus sa place au dialogue ; les ponts sont coupés, les liens intrafamiliaux semble brisés définitivement.
Les passages à l’actes – tentatives de suicides, overdoses, actes antisociaux – représentent autant de signaux d’alarmes de la part des jeunes qui se retrouvent confrontés à ces situations.

La demande familiale est centrée sur le " symptôme – drogue " ; progressivement, l'analyse du contexte familial permet aux thérapeutes de mettre en évidence les vrais interactions de la drogues dans l'histoire familiale.

Une explication psychanalytique du phénomène de la toxicomanie est celle fournie par Claude Olivenstein. Partant du constat de Freud que le stade du miroir est une étape indispensable dans le développement du jeune enfant, Olivenstein conceptualise le " stade du miroir brisé ". Freud avait constaté dans l’évolution de son petit-fils l’importance du premier contact visuel avec son propre image ; l’enfant avait fait à quatre pattes le chemin de toute sa chambre et une fois arrivé devant la glace il a découvert avec étonnement son image. Pour Olivenstein, l’enfant issu d’un milieu familial instable, non-sécurisant, aurait devant la glace l’impression d’un éclatement de son image, les milliers de morceaux de glace étant éparpillés partout.

Thérapies systémiques
Les systémiciens, sont des thérapeutes qui privilégient le "système", qu'il soit familial, scolaire, hospitalier ou autre. Ils étudient les relations à l'intérieur de ce système pour comprendre le dysfonctionnement qui a pu s'y installer et tenter d'y porter remède. De même qu'il y a plusieurs écoles psychanalytiques, il y a plusieurs écoles systémiques, comme je l'indiquais plus haut; certaines s'apparentent au comportementalisme, ignorant superbement l'inconscient, que les tenants de cette tendance appellent "la boîte noire". D'autres ont gardé une fidélité à leurs sources psychanalytiques à des degrés divers, mais ils y ont ajouté une dimension supplémentaire capitale, celle de l'importance primordiale de l'environnement, c'est-à-dire des systèmes auxquels appartiennent les sujets.

Aux Etats-Unis, et en Europe, mais pas en France, une école systémique psycho-dynamique formée d'anciens psychanalystes qui cherchaient à élargir leur point de vue, était née dans les années 60. Leurs travaux étaient soit ignorés, soit combattus, par beaucoup de psychanalystes français parce qu'ils les considéraient soit comme trop hétérodoxes, soit comme trop simplistes.

Dans beaucoup de thérapies de couples, les patients et le thérapeute butent sur des phénomènes inconscients qui venaient d'ailleurs, par exemple des mythes familiaux de la famille d'origine ou des délégations contradictoires des parents. Dans combien de thérapies d'enfants n'avons-nous pas senti se profiler l'influence redoutable d'un secret de famille ou l'ombre portée d'un ancêtre resté tout-puissant.

La transmission transgénérationnelle est constitutive de la formation de notre personnalité; sans cette transmission, nous n'existerions pas, c'est elle qui nous rend nous-mêmes. Nous sommes faits des transmissions de nos parents et de nos ancêtres, et bien sûr de ce que nous en avons fait. Nous ne les recevons pas toutes brutes, nous les élaborons, nous les assimilons, nous les recréons, nous les renvoyons en feed-back aux parents qui y réagissent à leur tour. Cela vaut aussi bien pour les transmissions bénéfiques que pour les transmissions pathologiques. On voit souvent les enfants d'une même famille élaborer différemment des transmissions parentales qui paraissent identiques; cela s'explique d'une part parce que chaque enfant effectue sa propre élaboration, et d'autre part parce que ces transmissions ne sont pas identiques en réalité : on ne transmet pas les mêmes choses à un fils aîné qui porte les espoirs de la famille, à une fille cadette qui peut représenter une sœur cadette très aimée ou haïe ou morte, ou à un dernier enfant non désiré, ou au contraire très chouchouté.

Toxicomanie et psychanalyse
Les débats autour de la cure psychanalytique et la toxicomanie, animent les thérapeutes depuis plusieurs décennies. Ainsi, dès 1916, Freud écrit à Ferenczi pour lui faire part de son scepticisme concernant la cure analytique des consommateurs de drogues. La question principale soulevée par Freud est la reconnaissance de la dépendance et sa problématique - la place de la drogue et sa fonction de réponse à tout, face aux malheurs. Selon Freud, "nul ne peut être tué in absentia ou in effigie".

Le sujet toxicomane évoque le problème de la dépendance comme symptôme du mal être, mais laisse souvent en suspense les causes et la description du problème. Or, on le sait pertinemment, que dans ce symptôme se trouve quelque chose de très personnel que le sujet ne maîtrise plus. La suite logique prouve que les deux conditions nécessaires à la cure sont rarement remplies par les sujets. D'abord la reconnaissance de la nocivité du problème, afin d'éprouver l'envie de s'en défaire. Deuxièmement, le sens du problème, qui lui échappe le plus souvent. Pour les consommateurs des substances psychotropes, le rapport qui s'établit avec la drogue se trouve sous le signe de l'utilité. a partir d'un certain moment, l'identification du toxicomane intègre la drogue à côté du nom, de la filiation.

La reconnaissance du problème et la prise de conscience sont ralentie par le mode de régulation - la prise de la drogue - et par le caractère pulsionnel, répétitif, incontrôlable de cette résolution. La pulsion apparaît dans le cadre d'un mouvement circulaire, répétitif. L'échec de la réponse apportée par la drogue explique cet éternel recommencement.

Finalement, la prise de produit apparaît comme une solution et une réponse adaptée aux panels de problèmes que le sujet rencontre dans sa vie quotidienne - facilitation des contacts et des liens sociaux (pensons simplement au " boum " des drogues dites socialisantes), apaisement ou même anesthésie d'une souffrance morale.

Plusieurs auteurs ont déjà insisté sur le caractère sexuel de la prise de drogue et la comparaison de la prise de drogue à un orgasme. Selon la description lacanienne, il y a opposition entre le type de satisfaction procurée par le produit et celle résultant de la jouissance sexuelle.

Les tentatives de réparation du Moi, la régulation des dysfonctionnements à travers l'usage des substances psychoactives, sont suivies souvent des échecs qui peuvent déclencher des troubles psychiatriques. La comorbidité psychiatrique s'intrique dans la trajectoire des toxicomanes, la fréquence de ces troubles étant des facteurs de mauvais pronostic thérapeutique.

La nécessité de s'attarder sur l'analyse des difficultés rencontrées par les toxicomanes - traumas psychiques à répétition, dysfonctionnement familiaux - apparaît comme une évidence. Cette étape préliminaire à toute prise en charge thérapeutique permet la mise en place des moyens adéquats, spécifiques et adaptés à la personnalité de chaque toxicomane. Il faut garder à l'esprit l'idée que ces troubles mentaux - cause ou conséquence de la prise de produit - influencent l'évolution des toxicomanies.

Le mythe familial
Ensemble de croyances bien intégrées que partagent tous les membres de la familles au sujet de leurs rôles respectifs. Le mythe caractérise la nature des relations intra-familiales dont la définition est mutuellement acceptée. La mythologie familiale à une fonction défensive et permet de renforcer la cohésion du groupe. Toute mise en cause du mythe est vécue comme menaçante pour l'homéostasie familiale.
Le mythe de l'harmonie familiale : tout rentrerait en ordre si la drogue disparaît.
Le mythe de la marginalité : la fascination de la famille pour la déviance.
Le mythe de l'expiation : le jeune porte toute la culpabilité de la famille.

Toxicomanie, famille et la mort
La mort représente un risque de rupture de l'équilibre familial.
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